Strasbourg & ses alentours

On a cherché ce qui fait le sel de la capitale de Noël : son authenticité peut-être, son folklore et ses charmes tirés de son architecture sûrement, sa Grande Dame enserrée dans ses rues pavées, évidemment. On a voulu transcrire autre chose. Parce qu’autour de la choucroute, il n’y a pas que les bretzels qui se nouent, il y a aussi une culture de la convivialité et des courants alternatifs. Autour et dans Strasbourg, il y a d’autres histoires que celles qu’on se raconte déjà.
City-guide réalisé en collaboration avec LE MAGAZINE Zut

Destination Strasbourg

La table

Au Pont Corbeau
→ 21, quai Saint-Nicolas

N’en déplaisent aux guides touristiques, les bonnes winstub (bars-restaurants typiques d’Alsace) se font rares en centre-ville et celle-ci fait de la résistance. Un restaurant qui aborde les plats authentiques alsaciens avec le respect qu’on leur doit (les knacks roses fluo, ça n’existe pas…), le premier à avoir servi des vins libres qui tiennent une belle place sur une carte dont on peine encore à mesurer l’étendue. La sémillante Coralie Andt a pris la suite de son père à la tête de ce lieu qui rassemble touristes avisés et habitués avinés. Nos conseils : le hareng, la choucroute (quand même), le jambonneau grillé.

Alma
→ 18, rue Hannong

Au menu : cuisine nikkei, fusion entre Japon et Pérou. Tout tourne autour du poisson cru (à part quelques exceptions, comme leur superbe tataki de bœuf) : des ceviche agrémentés de produits de saison, des huîtres, des sashimi et autres sushi ou chirashi ultra-frais. Pauline Walther et Julien Sinay accordent un soin tout particu- lier à la qualité de leurs produits. Celles et ceux qui n’apprécient pas le poisson cru finissent toujours par être convaincus…

Les Funambules
→ 17, rue Geiler

Guillaume Besson est aussi bien un génie (ne mâchons pas nos mots) qu’un chef doté d’une grande sensibilité qui se retrouve indubitablement dans ses assiettes. Beaucoup de technique, certes, mais surtout, des incursions asiatiques qui se marient magnifiquement aux produits du terroir. En équilibre entre des goûts qui réveillent les souvenirs et ceux qui révèlent des associations vivifiantes. Attention: réservez.

Le Cornichon masqué
→ 17, place du Marché Gayot

Dans la famille «In Vino Veritas Collection», on citera La Cantina voisine ou In Vino Veritas, deux adresses où l’on sait très très bien manger et boire italien. On a préféré parler du Cornichon masqué, dont le groupe a redoré le blason à l’aide de plats réconfortants, franchement teintés de culture alsacienne, surtout inspirés des produits du cru et ce qu’il faut de twists contemporains. La carte des vins est à tomber.

Utopie
→ 10, Petite Rue des Dentelles

Ici, la cuisine fait preuve d’une grande finesse et d’équilibres soignés. La fourchette doit piocher tous les éléments pour saisir la complexité des plats – déclinés en menu unique et en 6 temps le soir – qui partent de l’aliment sourcé en circuit court, relevé d’assaisonnements, d’épices ou herbes aromatiques détonantes souvent apportées par leurs proches. Une belle table qui souffle un sacré coup de fraîcheur sur la Petite France, haut lieu touristique de la ville.

Le verre

Le Café des Sports
→ 16, rue Sainte-Hélène

Il aura fallu attendre longtemps pour qu’un bar comme celui-là ouvre enfin à Strasbourg. Pas de concept léché et de déco tarabiscotée mais une sélection de bières artisanales et de vins natures au cordeau, des tenanciers et serveurs proches de leurs fournisseurs et des pro- ducteurs et surtout, qui savent de quoi ils parlent, une ambiance unique nourrie par les habitués. On gueule, on s’enthousiasme, on se marre, on se serre et on traîne souvent trop tard. Rare.

Au fil du vin libre
→ 26, quai des Bateliers

Comment c’est arrivé ? Impossible à dire… Au lieu d’utiliser le nom de la boutique, toutes et tous les fondus de vin nature disent désormais aller « chez Jean », comme Jean Walch, caviste dont la sélection exigeante convainc autant que les récits qui l’accompagnent. Ici, on connaît les vignerons et producteurs qui viennent régulièrement en dégust’, et on repart toujours chargé de quilles (parfois de saucisses Chavassieux) – dont beaucoup deviendront vos prochaines favorites.

Jean Walch, caviste Au fil du vin libre

La Grosse Baloche
→ 7, rue des Orphelins

On connaissait déjà La Binchstub’ (meilleures tartes flambées de la ville), on a depuis peu la petite sœur. Un bar et des petites assiettes tirées du frichti alsacien : os à moelle, croquettes de munster, mini tartes flambées, grumbee- rekiechle, etc. Des classiques des fermes-auberges. On adore le petit-déj’ le « Balochard » : leverwurst (saucisse de foie à tartiner), café au lait, viennoiserie, jus d’oranges pressées et… schnaps. Une révérence au café-schnaps du matin des ouvriers du coin.

Le goûter

Sébastien
→ 20, quai des Bateliers

Aussi loin qu’on s’en souvienne, la pâtisserie Gillmann a toujours fait partie du paysage quai des Bateliers ; Sébastien épau- lait alors ses parents. Un jour, il a repris la boutique et a tout repensé. Résultat : un décor minimaliste fait de terrazzo qui enrobe des pâtisseries et viennoiseries au goût de reviens-y. Sa brioche feuilletée, ses éclairs craquelin, sa tarte citron, sa feuille d’automne (photo), ses kouglofs et ses chocolats… tout vaut le détour. Sa gentillesse et son acces- sibilité (loin d’être les atours d’autres ‘stars’ du coin) font le reste. 

Omnino
→ L’Escabeau, 17, rue des Drapiers
→ Le Kiosque, 1, place Saint- Pierre-le-Vieux

À Strasbourg, les coffee-shops ne manquent pas (beaucoup
se sont mis à la torréfaction maison). Si le Café Bretelles (très bonne adresse) a ouvert la voie, Omnino lui a emboîté le pas, d’abord en version nomade. Depuis, ils ont élu domicile dans un ancien kiosque à fleurs à l’entrée de la rue du 22 Novembre, un café-boutique boutique (L’Escabeau) et ouvriront bientôt à la Krutenau. D’excellents cafés sur place ou à emporter, dont les sugges- tions changent régulièrement, en grain ou moulu pour chez soi, et des gourmandises au poil.

Le lit

Boma
→ 7, rue du 22-Novembre

Des chambres au décor gra- phique, un emplacement idéal, mais surtout un restaurant qui ne se repose pas sur ses lauriers où l’on mange comme au bistrot (œuf mollet, pièce de viande, croque-monsieur, bouchées à la reine, gravlax, etc.) et des plats du jour bien ficelés. On aime la grande salle ouverte aux couleurs chaudes, les concerts régulièrement organisés, et la carte des vins remplie de quilles bien faites.

Graffalgar
→ 17, rue Déserte

À quelques pas de la gare, un hôtel conçu comme un lieu de vie où les Strasbourgeois se donnent aussi rendez-vous : parce que les brunchs (mais pas que) sont bons et beaux, parce que la web radio ODC y est installée, parce que l’inimitable coiffeuse Esther Sanchez a ouvert son salon dans une des chambres (cela a d’ailleurs incité l’équipe à ouvrir son 2e étage aux indépendants en galère en plein covid – ce qui est franchement bien vu). Côté chambres, elles ont toutes été décorées par des artistes du cru et leurs tarifs sont tout doux.

S’échapper

48°Nord
→ 1048, route du Mont Sainte- Odile à Breitenbach

Coup de cœur. D’abord pour le cadre, forcément verdoyant et vallonné et ses chambres ouvertes sur le paysage, ensuite pour son décor ultra-boisé et ses propositions bien-être, sur- tout pour son restaurant, tenu par Frédéric Metzger, chef ultra engagé. Tous les produits sont locaux (100 km environ), les aliments travaillés maison (fermentations, vinaigres de plantes, etc.) et les assiettes organiques. Magnifique.

L’Alchémille*
→ 53, route de Lapoutroie à Kaysersberg

Jérôme Jaegle n’y va pas par quatre chemins, ou plutôt si : pourvu qu’ils les mènent dans la forêt ou dans son jardin où il cultive avec sa femme Marie-Laure tout ce qui fait la richesse de ses propositions davantage tournées vers le végétal. Il y a là quelque chose d’absolument pur et de poétique, quelque chose de très ancré ici, là et maintenant. À noter : le confinement a été l’occasion de lancer sa collec- tion de pâtés en croûte (à se damner). À commander sur son site et à collecter notamment à La Nouvelle Douane à Strasbourg. 

CITY-GUIDE RÉALISÉ EN COLLABORATION AVEC LE MAGAZINE ZUT

Article à retrouver dans Mint #21

Journaliste
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Cécile Becker
Cécile travaille pour les magazines Zut! et Novo, fait aussi de la radio et a co-écrit un documentaire sur le tatouage.

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