On a discuté avec The Nasty Belly, le duo derrière les burgers Bomaye

Le restaurant a ouvert ses portes en octobre 2022 et depuis, ne désemplit pas. Ici, Camille Gozé et Laurent Kalala, alias The Nasty Belly sur Instagram, servent des burgers inspirés des cultures africaines. Du Sénégal au Congo, en passant par la Côte d’Ivoire et le Maroc, un roadtrip culinaire de trois mois leur a donné une matière unique : celle de mitonner leurs souvenirs gustatifs encore présents sur les papilles en revisitant des plats traditionnels trop méconnus. Un hommage au continent de leurs escapades, mais pas que !

Le club Bomaye, c’est eux. Camille et Laurent ont toujours eu le goût pour l’entreprenariat. C’est même ainsi qu’ils se sont rencontrés, en 2016, alors qu’ils concourraient pour le même prix. N’y songez même pas, aucune révélation ne sera faite quant à qui l’a emporté … Mais ce qui est sûr c’est qu’ils se sont bien trouvés. Ensemble, ils font le pari (un peu fou) de se lancer dans la restauration mais surtout de se démarquer dans un monde très concurrentiel. Car on ne va pas se mentir, l’offre de burgers, et de surcroît sur Paris, est loin d’être en reste. Mais ils sont arrivés avec un concept qui va tout changer : mettre dans leur recette des saveurs africaines traditionnelles encore jamais explorées sous cette forme.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça marche ! Dans leur spot rue de Paradis, la file d’attente parle d’elle-même. Et la patience paye une fois la première bouchée croquée. En effet, il se passe des choses sur notre palais, ça change. Peut-être parce que l’histoire a commencé par The Nasty Belly, leur compte insta qu’ils ont lancé pour documenter leur food trip à travers le monde. « On voyage pour manger ! On a une trentaine de pays au compteur, » nous explique Laurent alors qu’on partage un bissap maison – «moins sucré et avec un ingrédient secret » nous révèle-t-il devant nos mines réjouies. Quand on lui demande quelle a été sa destination favorite, c’est la question piège. Entre Okinawa au Japon, Loreto au Mexique et la Casamance au Sénégal, il ne choisit pas ! « Ce sont mes trois paradis sur terre, je pourrais y passer ma vie ». On lui souhaite donc le don d’ubiquité surtout que Laurent ne s’en cache pas, il a une passion immodérée pour la cuisine asiatique. Et même une adresse de prédilection, à deux pas de Bomaye, « Chez Ann ». Pour autant, c’est le tieb bou dien, du riz sénégalais, qu’il élit sans l’ombre d’un doute comme son plat préféré de tous les temps. « Depuis que j’en ai goûté lors d’un voyage, ma seule quête est de trouver le meilleur ! »

Une curiosité qui semble ne jamais tarir, et qui nourrit aussi leur entreprise. Les idées fusent, au même titre que les collab’, la petite dernière (mais non des moindres) étant un ketchup au Bissap avec le géant Heinz. Carrément ! On sent le businessman alerte. Il y a même une chanson Bomaye, oui oui ! Et la création d’un motif que l’on retrouve sur tous les packagings, inspirés des Adinkras du Ghana.

Quand on pense que Laurent n’avait pas tellement songé à faire de la food un métier, on se réjouit qu’il se soit laissé convaincre par sa compagne. « Non, moi mon truc c’était le marketing, la communication ! C’est vraiment Camille qui voulait ouvrir un lieu. J’ai cédé dit-il le sourire dans la voix, et je ne regrette pas, j’adore ce qu’on fait ! » Une aventure de grands voyageurs donc, qui ont monté une communauté plus vite qu’ils ne l’auraient imaginé, avant même l’ouverture du restaurant. « Au départ, The Nasty Belly, c’était un support pour partager nos découvertes de restos africains à l’étranger, puis à Paris, et maintenant c’est la nourriture en tout genre ! » Aujourd’hui ils ont près de 60 000 followers.

Cet été, ils repartent en fervents backpackers à Madagascar pour y puiser l’inspiration culinaire afro-asiatique et on en salive d’avance à l’idée de ce qu’on va retrouver au menu. Le secret étant aussi de toujours proposer de nouveaux burgers, en « édition limitée » et de surprendre les clients, que l’on peut désormais qualifier d’habitués.

Nous n’allions pas quitter Laurent devant la fresque signée du street artist Kouka Ntadi sans lui poser LA question. Pourquoi « Bomaye » ? « C’est du Lingala, nous explique-t-il. Et c’est une référence directe au combat de Mohammed Ali contre George Foreman en 1974 au Congo. Le plus médiatisé de l’époque, le plus grand de l’histoire. Le public scandait « Ali Bomaye ! » ce qui veut dire « Ali, tue-le ! ». Et pour ma génération, c’est un mot de réussite et de détermination. » Il semblerait que cet endroit porte bien son nom.

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Marie-Eve Brisson
Marie-Eve est journaliste chez Mint. Elle a fait ses armes chez Télérama puis Causette en passant par une agence de design et l’enseignement du yoga. Elle aime donc faire des détours dans sa vie professionnelle comme dans Paris, où elle part à la quête de nouvelles adresses, avec une prédilection pour les coins cachés, les épices qu’elle ne connait pas encore et les céramistes en tout genre.

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