Merci l'Andalousie

Tapas. Existe-t-il une spécialité qui réveille autant de sensations ? Je vois, je vois… Le souvenir d’un week-end, la promesse d’une escapade. Le sud de l’Espagne. Séville, tiens.

Le soleil qui tape fort, trop fort. La sieste, cette douce paresse dont on se réveille tout cotonneux mais heureux, au moment où la lumière du jour consent à décliner. Cliché ? Peut-être. Tant mieux: les clichés touristiques-culinaires sont les seuls à avoir le droit d’exister. Car enfin, que serait Paris sans un croquemonsieur ou une bavette-frites, tranquillement boulotés sur une table de café trop étroite ? Que serait l’Italie sans la pasta al dente et l’Espagne, sa voisine, sans les tapas ? On n’ose même pas y penser. Heureusement, du côté de Séville, capitale andalouse et berceau de la culture tapas, rien à craindre : elles ont toujours fière allure sur les comptoirs. Rebondies, réjouissantes, brillantes, colorées… Les tapas taquinent l’œil. À les voir, on en a déjà presque le goût en bouche, les textures, le moelleux-baveux d’une tortilla, la friture insolente d’une croquetta, le fondant d’un piquillo, le mordant d’un poulpe grillé. Autour du comptoir, ça parle fort, ça boit, ça se sert, ça pique avec un cure dent : c’est ça, tapear. Une sorte d’apéro dînatoire décoincé et, bonus – débarrassé du spectre sinistre des crudités-fromage blanc. Normal, donc, que l’origine de ces amuse-gueules andalous fasse l’objet d’un débat (dans lequel nous ne rentrerons pas !). Disons juste que certains prétendent que pour les protéger, on couvrait les verres de vin de pain ; devenus avec le temps tapas ; d’autres, qu’elles ont été généralisées dans les bars par Alfonso X au 13e siècle pour leur capacité à absorber l’alcool. On se contentera de remercier les Espagnols pour cette belle contribution à l’art de la picore-picole. Parce qu’on les aime, ces tapas! Elles cumulent tous les charmes. Sauf un : elles supportent mal l’avion. En France, dans les restaurants, tapas est même devenu un mot générique pour dire «demi-portion »… en moins pingre. Une belle raison de le prendre, l’avion, histoire de s’endormir juste après le décollage et se réveiller, un peu cotonneux, mais heureux – pile à l’heure pour tapear. Bon voyage.

Journaliste
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Lauriane Gepner
Lauriane a co-fondé l’appli Dojo Paris, histoire de trouver toujours plus d’excuses pour traverser la ville de table en table. Ce qu’elle aime, elle en parle avec une bonne dose d’amour…
Illustratrice
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Coline Girard
Coline est illustratrice et graphiste. Elle s'inspire le plus souvent de ses voyages et des petits détails du quotidien pour composer ses illustrations. Elle les mêle à des touches de couleur, des motifs ou des lettres pour recréer un univers.

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