La sommelière Laura Vidal nous confie son adresse confidentielle favorite

Le bouche-à-oreille reste la manière la plus sûre de se régaler au restaurant, c’est pourquoi nous avons demandé à quelques gourmands bien renseignés de nous confier leurs restaurants favoris. Pas le meilleur mais celui où la magie opère entre atmosphère, service et cuisine.

Villa Mas, Espagne

« Le souvenir a presque dix ans, puisque je travaillais encore chez Frenchie. J’étais partie en Catalogne pour goûter des vins autour de Girone et surtout pour aller dîner chez El Celler Can Roca pour mon anniversaire. J’avais choisi ce restaurant car ils ont une des plus belles cartes des vins. On a décidé d’en profiter pour déjeuner la veille à Villa Mas.

Je ne le connaissais pas encore et pourtant Carlos, le propriétaire et chef de l’époque m’a emmenée avec lui à la criée. C’est un ancien DJ qui semble avoir eu mille vies, quelqu’un d’exceptionnel très attaché au produit. Il m’a amenée à la criée de Palamos où j’ai pu observer les fameuses crevettes rouges et je suis tombée sur ce poisson, le negrito. Un poisson un peu bâtard dans le sens où personne n’en voulait car ce n’était pas un poisson très noble en comparaison à ce qu’on peut pêcher en Méditerranée. Carlos m’a dit « Prends ça et je te le cuisine, tu vas voir ça goûte un peu la lotte. » C’était au printemps, la période de l’année où tout ce qui est vert est délicieux. Il était ami avec un fermier qui faisait pousser des petits pois et des fèves de dingue, le plat était vraiment délicieux.

À la fin du repas, on a commencé à fraterniser avec une table de vignerons voisine. Nous étions un bon groupe de dix à faire des dégustations à l’aveugle, une spécialité quand les gens du monde du vin se retrouvent entre eux. J’ai trouvé que l’homme assis à côté de moi était très bon et j’ai essayé de lui dire dans un espagnol plus ou moins correct. Il s’agissait de Josep Roca, un des frères à l’origine d’El Celler Can Roca qui nous recevait le lendemain, une pointure du monde du vin. Je pense à Villa Mas aujourd’hui parce que j’y repense souvent avec nostalgie en ce moment, ce lieu incarne la festivité, la convivialité et tant de choses dont nous sommes privés depuis des mois. Je ne savais pas à l’époque à quel point j’étais chanceuse !

Le restaurant a été repris par deux poulains qui avaient bossé avec Carlos. Ils ont gardé le côté familial et old school ainsi qu’une carte des vins incroyable et un service superbe avec une terrasse qui a vue sur la mer… Un vrai cadeau. »

Article extrait de Mint 22.

Journaliste
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Déborah Pham
Co-fondatrice de Mint et du restaurant parisien Maison Maison. Quand elle n’est pas en vadrouille, elle aime s’attabler dans ses restos préférés pour des repas interminables arrosés de vins natures. Déborah travaille actuellement sur différents projets éditoriaux et projette de consacrer ses vieux jours à la confection de fromage de chèvre à la montagne.

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