Chenapan, la table turbulente qu'on attendait

Pousser la porte de Chenapan, c’est comme arriver chez des amis : on s’y sent bien et on nous reçoit chaleureusement. Notre regard s’arrête vite sur le poumon des lieux : la cuisine vitrée, à portée des curieux. Chic sans être guindé, ce petit restaurant de 18 places assises dépoussière la haute gastronomie en portant bien son nom. Chez Chenapan se cache derrière chaque code de la restauration, un twist auquel on ne s’attend pas. Dans cet espace d’un vert profond et à la décoration épurée assumée passe un fond sonore de rap west coast. « On a fait une playlist qu’on aime, puisque c’est nous qui l’écoutons toute la journée ! » explique avec malice (et une certaine logique) Florentin Fraillon, un de deux fondateurs des lieux et chef de salle. Dans les assiettes, un dressage chiadé digne des étoilés, mais avec l’audace des goûts simples retrouvée. On le doit à Bruno Laporte, un chef qui ne craint pas d’aller rechercher une saveur qui nous laisse cette impression vive de la connaître sans en retrouver le nom. Familière et en même temps travaillée, cela faisait longtemps.

De l’évocation du bol de céréales à celle de galette bretonne devant une assiette de la mer agrémentée de morilles, voilà qui secoue les codes sans en faire des caisses et de la surprise nait le plaisir certain de voyager dans nos souvenirs. Et en parlant de voyage, il y en a tout un récit dans notre assiette. Il y a eu un roadtrip asiatique – Hanoï, Shanghaï, Tapeï, Bangkok, dont le chef a gardé un rituel culinaire qu’il n’aurait jamais envisagé auparavant : de l’ail et du gingembre – combo typiquement chinois – comme base de cuisson de presque tous ses plats. Mais l’auvergnat de naissance n’est pas tombé dans cette rue bien nommée par hasard. Si Chenapan se situe rue la Tour d’Auvergne, Bruno met aussi de son terroir volcanique dans sa cuisine et adapte ses assiettes à la demande des clients. Finalement, l’ambiance comme les plats sont préparés avec générosité et à l’image des deux amis rencontrés chez Ze Kitchen Galerie du chef William Ledeuil : turbulente, vibrante et qui, en une bouchée, pourrait bien chambouler votre classement de resto préférés.

-> Au dîner du mardi au samedi à partir de 19h
Au déjeuner les vendredi et samedi à partir de 12h
18 places assises, 30 places en format cocktail debout

2 menus avec possibilités d’accords mets-vins ou sans alcool sur-mesure
59€ – entrée, plat au choix, dessert
79€ – 2 entrées, 2 plats, dessert

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Marie-Eve Brisson
Marie-Eve est journaliste chez Mint. Elle a fait ses armes chez Télérama puis Causette en passant par une agence de design et l’enseignement du yoga. Elle aime donc faire des détours dans sa vie professionnelle comme dans Paris, où elle part à la quête de nouvelles adresses, avec une prédilection pour les coins cachés, les épices qu’elle ne connait pas encore et les céramistes en tout genre.

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