Ras la toque du covid: les étudiants en école de cuisine ne lâchent pas le morceau

Stages écourtés face à la fermeture des restaurants, cours théoriques en distanciel, mesures sanitaires renforcées en cuisine… Tour d’horizon du moral des troupes.

« Les restaurants manquent à beaucoup de monde, j’aimerais y cuisiner lorsqu’ils rouvriront, notamment auprès de grands chefs comme Michel Guérard ou Alain Passard ». En dépit des multiples restrictions imposées au monde de la gastronomie depuis le premier confinement, le rêve étoilé de Tanguy, tout juste diplômé de l’Institut Le Cordon Bleu, n’a pas viré au cauchemar pour autant.

« Malgré le Covid-19, on a été assez épargnés dans notre formation du fait qu’elle soit manuelle. Des dérogations ont été fournies par l’école pendant les confinements et les règles d’hygiènes ont été renforcées. En cuisine c’est port du masque obligatoire, lavage des mains et vêtements extérieurs laissés au vestiaire… » dit-il. Une série de mesures contraignantes poussant aussi enseignants et intervenants à revoir l’élaboration et le déroulé de leurs cours. « Pendant les démonstrations, les chef.fe.s invité.e.s présentent un plat devant la classe mais comme il n’est plus possible de goûter, ils expliquent au maximum quels sont les saveurs et textures recherchées avant qu’on se lance dans l’exercice » raconte Tanguy.

Illustration : Zoé Labatut

Faire face à l’inconnu grâce à l’entraide et à la persévérance

Dans les rangs de l’école Ferrandi, en mars 2020 on ramène l’école à la maison. Les heures de cours théoriques se suivent à travers l’écran et les heures de pratique se réduisent. « Il nous arrivait de préparer des plats depuis chez nous à partir d’ingrédients populaires et peu coûteux comme l’oignon, puis d’en partager les photos en classe pour en discuter ensuite » rapporte Agathe, étudiante de troisième année en Arts culinaires et Entrepreneuriat.

On se serre aussi les coudes : « notre promo est très soudée. Au mois de janvier pendant la période en distanciel, nous nous sommes isolés dans le Beaujolais avec une dizaine de camarades. À Paris, c’était assez difficile de garder le moral » ajoute Agathe en précisant qu’un soutien psychologique a également été mis à leur disposition.

Malgré les stages écourtés des uns et les recherches d’alternance plus ou moins laborieuses des autres, la possibilité d’une reconversion dans un autre domaine séduit peu. « Je n’ai pas rejoint de brigade cette année mais en intégrant le master en management, je suis entrée dans une agence de conseils en restauration. J’ai la chance de pouvoir aider des personnes à réaliser leur rêve. C’est beau de voir s’ouvrir une adresse en cette période si compliquée, et encore plus de la voir perdurer » confie Sophie.

Même son de cloche du côté de May en alternance au Garde Manger Wagram et au Papillon à Paris, souhaitant à terme ouvrir sa propre cave à manger. « Je suis toujours aussi sûre de moi, d’ailleurs je me lance pour une année supplémentaire à l’École Hôtelière de Paris – CFA Médéric afin de me perfectionner avec « desserts de restaurant » en mention complémentaire » lance-t-elle.

Si la jeune femme de 26 ans ne sait toujours pas si les examens finaux se tiendront en présentiel, elle reste positive face à la situation. « On peut dire que le confinement m’aura permis de voir la cuisine autrement, notamment en développant de nouvelles façons de consommer, dont les versions « à emporter » » ajoute-t-elle.

En janvier dernier, ceux qui ne savaient plus où donner de la fourchette avaient la possibilité de s’envoyer les créations culinaires des apprentis cuisiniers de Ferrandi en click and collect. Une grande première en cette période inédite pour tous.

Journaliste
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Anouchka Crocqfer
Anouchka est journaliste chez Mint Magazine. Passée dans les colonnes de L'Express Styles, du Parisien, de Néon, et de Bon Temps elle arpente les rues à la recherche de nouvelles tendances lifestyle.

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