Art et nourriture: la recette de la lutte

Pourquoi la nourriture est devenue un outil de revendication ? On vous en parlait récemment. Le collectif Just Stop Oil investit les musées pour dénoncer les dérives et les excès de l’exploitation pétrolière, en ciblant des œuvres symboliques : Après Les tournesols de Van Gogh aspergés de soupe à la tomate à la National Gallery de Londres, c’est quelques jours plus tard à Potsdam en Allemagne, qu’un tableau de Monet, Les meules, est cette fois-ci attaqué à la purée de pomme de terre.

@ Just Stop Oil

La dernière action des militants, d’une autre nature, a consisté à entarter au musée Tussauds le double de cire du tout nouveau roi d’Angleterre Charles III. Ce dernier étant déjà sensibilisé à la cause écologique, le choix de sa figurine plutôt qu’une autre, fait sens dans la volonté d’interpeller les autorités sur les luttes environnementales. Mais alors, si l’attentat pâtissier est connu depuis les années 20, après sa popularisation dans un film de Laurel et Hardy, s’attaquer à des œuvres d’art est une tendance récente. On se souvient de La Joconde, entartée elle aussi avec un gâteau à la crème en mai dernier par un activiste indépendant, étendard de la survie de la planète.

Les actes de revendication se répétant, on peut se demander pour quelles raisons la nourriture est ainsi utilisée comme arme symbolique et pourquoi choisir le monde de l’art pour monter au front ? L’association Just Stop Oil précise que l’idée n’est pas de verser dans le vandalisme, étant donné que les œuvres visées sont protégées par des verres ou sont facilement nettoyables. Elles ne sont pas visées autrement que pour le message iconique qu’elles véhiculent. Qu’il s’agisse de soupe, de purée, de crème, les toiles ne sont pas endommagées par l’impact. Seuls les esprits le seront peut-être. Car en effet, l’image issue de l’action est nécessairement forte, virale et donc influente sur l’opinion publique et éventuellement les autorités. Car il s’agit avant tout de faire pression sur les personnes en responsabilité, qui pour l’instant, ne semblent pas considérer les diverses requêtes et peinent à se mettre à table sur les questions d’importance. L’art, tout comme la nourriture, renvoient à l’émotionnel, au goût – qu’il soit gustatif ou esthétique. L’association des deux semble donc idéale pour toucher, voire choquer et provoquer le débat. Comment de simples citoyens peuvent se faire entendre ? Il semblerait qu’une nouvelle fois, la réponse se cache dans la cuisine.

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Marie-Eve Brisson
Marie-Eve est journaliste chez Mint. Elle a fait ses armes chez Télérama puis Causette en passant par une agence de design et l’enseignement du yoga. Elle aime donc faire des détours dans sa vie professionnelle comme dans Paris, où elle part à la quête de nouvelles adresses, avec une prédilection pour les coins cachés, les épices qu’elle ne connait pas encore et les céramistes en tout genre.

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