Terre des étoiles, Maroc

04 décembre 2019

Découverte

 


Article extrait de Mint #15

Texte : Déborah Pham

La voiture empreinte une route rocailleuse qui semble aller nulle part. On ne vient jamais ici par hasard. Nous sommes loin de l’agitation de la ville, des lumières et du bruit. Au loin, un petit groupe de dromadaires et enfin une oasis perdue dans le désert d’Agafay. Terre des étoiles est un lieu de contrastes, la sécheresse du désert et le vert d’un potager en permaculture pensé avec Pierre Rhabi. La fraîcheur de la nuit autour d’un feu de camp et les matinées ensoleillées à dévorer des crêpes mille-trous. Rencontre avec le créateur Pierre-Yves Marais, hôtelier et voyageur amoureux du Maroc.

Comment êtes-vous arrivé au Maroc ? 

Je n’ai pas réellement choisi le Maroc, cette rencontre s’est faite par hasard mais si je fais partie des gens qui ne croient pas trop au hasard. La première fois que j’ai mis les pieds au Maroc c’était en 98, j’ai su qu’il se passait quelque chose, ça a été comme une révélation, une connexion d’âme. Je me suis senti en communion avec ce qui m’entourait. 

Vous faisiez un métier totalement différent autrefois…

À l’époque, j’étais éducateur spécialisé : arriver à Marrakech m’a permis de souffler, de changer d’air. J’exerçais un métier difficile que j’aimais mais j’ai eu besoin de changer de vie. J’ai eu la possibilité de partir et j’ai saisi l’opportunité. J’ai passé la première année à me promener et à découvrir le pays.

Vous êtes entré dans le monde du tourisme en devenant guide, comment en êtes-vous arrivé à construire une oasis en plein désert ? 

J’avais beaucoup voyagé au Maroc et j’ai pu à mon tour faire découvrir les lieux que j’affectionnais. Penser une oasis comme Terre des étoiles, c’est penser un hôtel sans murs. C’est pour moi un véritable espace de liberté que je souhaitais partager. Dès le départ, j’ai réfléchi à des manières vertueuses d’exercer cette activité en ayant le moins d’impact possible sur la nature. Aussi, j’ai voulu repenser la manière de voyager dans cet environnement rude. Un désert c’est un climat, des contraintes mais aussi des paysages incroyables où la déconnexion est réellement possible.

Dans tous les sens du terme puisqu’il n’y a pas de wifi !

Effectivement, il n’y a pas de wifi parce qu’il me semblait important de permettre aux gens de se recentrer sur eux-mêmes. Il y a les balades, le yoga, les baignades ou encore la cuisine… Si les gens sont un peu inquiets au début, ils profitent véritablement de cette coupure. Évidemment, le wifi reste disponible en cas de force majeure ! 

Comment construit-on une oasis en plein désert ? 

Le camp est pensé tel un camp berbère. Nous avons installé un réseau d’eau ainsi qu’un réseau électrique afin d’offrir suffisamment de confort moderne à nos clients et à nos employés. Nous avons végétalisé ce lieu autant que possible avec un jardin aromatique pour la cuisine, des haies où les oiseaux viennent nicher, un potager en permaculture, un verger, des palmiers… Nous avons même des animaux qui nous permettent aussi d’obtenir du compost animal comme les chèvres, les moutons, les dromadaires, les ânes ou encore les chevaux. Il y a aussi des ruches, mais de ce côté la récolte est encore mince, on n’a obtenu qu’un demi-kilo l’an passé – ce qui est loin d’être suffisant pour garnir nos crêpes mille-trous au petit-déjeuner ! 

Les adresses de Pierre-Yves à Marrakech  

Pâtisserie Amandine 

L’adresse est située dans le quartier de Gueliz, on y vend des pâtisseries marocaines ou françaises qu’on peut aussi déguster sur place, arrosées d’un thé à la menthe. C’est une adresse très appréciée des marrakchis.
175, Rue Mohamed El Beqal, Marrakech

Le Musée de l’Eau

Ce musée dédié au patrimoine hydraulique marocain, arabe et musulman permet d’en apprendre davantage sur les traditions ancestrales liées à l’eau, ses réserves naturelles, son transport mais aussi ces mystères et ce qu’elle représente dans un pays comme le Maroc.
À l’entrée du Circuit de la Palmeraie, Route de Casablanca, Marrakech

Fairmont Royal Palm

J’aime déjeuner au restaurant L’Olivier du Fairmont, la cuisine servie est méditerranéenne au sens large avec évidemment des spécialités marocaines. Le restaurant offre une vue imprenable sur la piscine et en hiver on peut aussi y observer l’Atlas.
Km 12 Route D’Amizmiz، Marrakech

Le Grand Balcon Café Glacier 

Je viens ici tout spécialement pour le paysage. J’aime venir ici au coucher de soleil pour la très jolie vue sur la Koutoubia et les environs.
Place Jemaa El Fna, Marrakech

Art Tissage Tam

Tout près de Marrakech se trouve cette coopérative de tissage artisanal. Les matières premières sont naturelles et parfois bio, tissées et brodées à la main. On peut y visiter l’atelier ou simplement s’y faire plaisir car on y trouve du linge de lit, des paniers des tapis et autres objets de décoration.
133 Houmt sour, Tamesluht

Le Paradis du Safran 

Christine Ferrari a créé ce jardin biologique sur la route de l’Ourika où l’on trouve du safran et d’autres plantes aromatiques et médicinales. Elle propose des visites ou des ateliers sensoriels. Le mieux, c’est de s’y rendre en novembre au moment de la récolte. Le paysage est splendide avec les montagnes de l’Atlas que l’on peut observer depuis la terrasse.
Km 31, Route de l’Ourika, (3 km de piste), Marrakech

Mustapha Blaoui Showroom  

C’est une adresse incontournable de la Medina et pour cause, on trouve de tout chez cet antiquaire reconnu. Décoration, luminaires, tapis berbères ou encore objets d’art de la table.
144, Arset Aouzal, Bab Doukkala, Marrakech Medina

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