Papier Tigre, Paris

Texte : Anouchka Crocqfer
Photos : Herve Goluza

Comme un rugissement à la face des détracteurs annonçant la mort du papier devant la montée en puissance du numérique, Papier Tigre s’est érigé en maitre dans l’art de la papeterie 2.0. L’immense crayon dressé comme un i devant leur vaisseau de verre de 130 mètres carrés posé dans le Marais en atteste d’ailleurs. Il pousse grand nombre de curieux à pousser la porte de leur boutique atelier. Ici, « de l’utile indispensable et du futile nécessaire » comme le résume si bien son co-fondateur Maxime Brenon, on trouve de tout. Des carnets pensés et créés sur mesure in situ à partir de papier recyclé, aux stylos à bille — et même à plume — en passant par des calendriers mettant en avant les fruits et légumes de saison ou les accords mets vins, la maison ne manque pas d’imagination pour remettre le papier au coeur de notre quotidien. 

Mint : Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à vous lancer dans l’aventure de Papier tigre avec Julien Crespel en 2012 ? 

Maxime Brenon: L’idée motrice était celle de se débrancher un instant des écrans pour renouer avec le papier et ses valeurs afin de redynamiser le secteur de la papeterie, tout en mettant l’artisanat au coeur de notre activité.

Quel est le produit phare de la maison ? 

Le carnet, qui est le compagnon idéal de la vie digitale. Si les agendas et outils numériques se multiplient, il est toujours beaucoup plus satisfaisant d’arriver le matin au bureau, d’avoir une vue générale sur l’avancement de nos tâches quotidiennes puis de les rayer à la main une fois accomplies.

Combien de collection avez-vous par an ? 

Nous en avons deux par an, tous nos modèles sont en éditions limitées. La marque se teste et se vie à travers la mode, un peu comme une maison de couture. Une collection printemps été, ainsi qu’une collection printemps hiver, à l’issue desquelles tous nous motifs et gammes de couleurs sont renouvelés.

Quelle sera la thématique qui suivra celle de l’espace ? 

Le sport, qui coïncide avec l’arrivée des jeux olympiques aux Japon mais aussi à Paris. Nous puisons notre inspiration dans le quotidien, les expositions que l’on va voir et cette discipline y prend une place importante. Que ce soit dans les tracés des lignes de terrains de tennis, de football ou même de basket, les couleurs sont très vives, il y a une esthétique très inspirante, très graphique.

Comment vous positionnez vous par rapport au numérique ? 

Nous ne sommes pas en opposition. Notre communication passe par les réseaux sociaux, notamment Instragram. En 2019 nous avons lancé un service de création de carnet sur mesure en ligne que l’on peut imaginer depuis son canapé à la maison ou depuis les tablettes en boutique afin de répondre au mieux aux besoins de tous.

Où sont-ils fabriqués ? 

Tout l’assemblage se passe dans la partie atelier de notre showroom derrière les rideaux transparents façon chambre froide sous les yeux des clients. Un peu à la manière des grandes cuisines ouvertes que l’on retrouve dans pas mal de restaurants aujourd’hui afin d’être en totale transparence sur la production. C’était l’un de nos premiers souhaits lorsque nous avons repensé la boutique avec le cabinet d’architectes Cent15 archi- tecture. Tout notre mobilier a été pensé pour être modulable selon nos besoins, même notre devanture est escamotable afin d’être complètement ouverte sur rue au retour des beaux jours.

Du papier aux couvertures à vos reliures en passant par l’impression, tout est made in Paris également ? 

Nous travaillons à partir de papier recyclé en Ile de France avec des fournisseurs certifiés ainsi que des imprimeries écologiques Imprim’vert dans différentes régions de la France pour renouer avec un artisanat local de proximité.

Quels sont les petits « à côtés » que vous proposez en boutique ? 

Nous avons tous les accessoires rendant la vie de bureau plus agréable. Des stylos, des petits sets sous la forme d’élastique à ajouter à son carnet pour avoir nos crayons à porter de main, des trombones, mais aussi des lampes,  des pots à crayons en céramique, notamment cette série confectionnée à Copenhague dont chaque modèle est unique.

Est-ce que vous collaborez parfois avec des artistes ou des marques pour des collections particulières ? 

Oui régulièrement. Par le passé nous avons travaillé avec Diptyque, Christofle ou encore Maison Plisson sur les carnets. Parmi les produits qui sortent un peu du lot, il y a le calendrier appelé Le primeur pour savoir quels sont les fruits et légumes de saison. Sur le même principe de calendrier avec un disque mobile nous proposons Le Caviste afin de ne plus commettre d’impair dans nos accords mets-vins qui a été pensé avec Le Petit Ballon, et bien d’autres à venir.

Papier tigre — 5 rue des Filles du Calvaire, 75003 Paris

 

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L'Été indien de L'Imprimerie

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Le Bar à Lambics

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