J’ai testé le régime gras et j’ai adoré

L’aventure démarrait en juin, quelque part entre la sortie d’autoroute qui mène aux vacances et la dernière ligne droite de boulot. La plus difficile. À ce moment, l’énergie n’est pas au rendez-vous entre les apéros, les réunions et l’overdose de chouquettes qui aide à faire passer la pilule. C’est avec cette petite forme physique et mentale que je rejoignais un ami qui me parla pour la première fois du régime cétogène, autrement dit : le régime du gras.

Pour ne rien vous cacher, il y a une chose à savoir sur moi : le gras, j’adore ça. J’aime autant le gras du jambon que le beurre, le fromage fondu ou la mayo. L’ami évoqua donc les plats qu’il dégustait chaque jour depuis plusieurs mois, composés d’oeufs, de bacon, de poitrine de cochon, de gratin de chou-fleur et autres concombres à la crème, guacamole et burrata baignée d’huile d’olive… Un programme alléchant qui pour la première fois de ma vie promettait un régime sans restrictions avec un fort capital plaisir. 

Les promesses

À l’entendre, il n’y avait que des bénéfices : un regain d’énergie et une perte de poids significative qui se travaillait à coups de beurre. Suite à notre première conversation, l’ami m’offrait une mise à jour quasi quotidienne de ses nouvelles recettes et de ses kilos envolés. Le contenu de ses assiettes se composait majoritairement de lipides et l’oeuf-mayo, exemple type du principe du régime kéto, devenait peu à peu une religion. 

Le sucre, voilà l’ennemi !  

Evidemment il y a un loup : si ce régime encourage la consommation de lipides, elle décourage fortement celle des glucides. Une privation a priori sans conséquences puisque le corps est capable d’en produire par lui-même. En revanche, sans même avoir commencé, j’entamais le deuil du riz, des pâtes, du pain et des patates… Une concession que peu de gens sont prêts à faire et on peut les comprendre. 

Responsable de nombreux maux, sans compter les sautes d’humeur et les différentes addictions liées à sa consommation, je me résolvais peu à peu à l’idée d’abandonner éclairs au café, tartines de miel et chocolat au lait. Certains fruits allaient peu à peu disparaître de mon régime alimentaire jusqu’à ce que mon corps s’y adapte. Toutefois, je m’autoriserais évidemment un jour de pur plaisir autour de croissants et de pizzas (un repas le dimanche ou le samedi). 

L’expérience et la routine

Comme toutes les tendances, on peut remercier les américains d’avoir popularisé la pratique de la « keto diet », nom de code essentiel à la recherche de recettes. Ces dernières sont disponibles en nombre sur YouTube et autres groupes Facebook. Instagram aussi regorge d’idées et de « gourous » prêts à inculquer les bases de leur nouveau lifestyle. De même, de nombreux sites et nutritionnistes expliquent ce qu’il se passe chimiquement dans le corps pour démarrer sereinement. Chapitre que nous ne dérouleront pas ici, il y a suffisamment de quoi faire pour savoir si ce régime est adapté à votre mode de vie ou non. 

Ma journée commençait après la dégustation d’un bullet proof coffee. Recette hautement populaire aux US se composant de café, d’huile de coco (ou de MCT oil) et de beurre. Les âmes sensibles auront déjà déserté cette page, cependant cette pratique supprimant toute envie de grignotage a été largement adoptée, aussi bien par les personnes qui soulèvent de la fonte que les big boss de la Silicon Valley. Comprenez, grâce à cette boisson vous allez devenir pro-du-ctifs, en tout cas vous aurez tous le carburant nécessaire.  

Si les premiers jours sont un peu difficiles, il faut bien admettre que ce régime se tient facilement sur la longueur. Si on le fait sérieusement, les bénéfices se ressentent aussi bien sur le moral que la forme physique et la balance. En tout cas pour moi, j’ai eu le sentiment que le sevrage de sucre me donnait un nouvel élan garanti sans fringales. 

Trois mois plus tard, en suivant les rudiments du régime cétogène, je perdais sept kilos et redécouvrais une énergie qui m’avait longtemps manqué.

Et après ? 

Comme tout les régimes, j’ai laissé tomber. S’il n’est pas difficile à suivre à l’échelle personnelle, c’est un calvaire en société. Si le fait de ne pas manger de viandes passe encore, allez dire à vos amis ou à un cuisinier que vous ne consommez plus de glucides… Le petit calcul savant peut aussi s’avérer laborieux puisque les glucides se cachent parfois où on les attend le moins. En clair, cette diète qui demande un peu d’organisation et de préparation en amont pourrait en séduire certain.e.s d’entre vous, je leur transmets volontiers la recette de ma béchamel kéto qui s’accommode avec la plupart des légumes.

Journaliste
0 article par :
Déborah Pham
Co-fondatrice de Mint et du restaurant parisien Maison Maison. Quand elle n’est pas en vadrouille, elle aime s’attabler dans ses restos préférés pour des repas interminables arrosés de vins natures. Déborah travaille actuellement sur différents projets éditoriaux et projette de consacrer ses vieux jours à la confection de fromage de chèvre à la montagne.

Manger montrer

Amitiés bourratives

La république en marche (et moi en pause déjeuner)

Se taper du mukbang ASMR

C'est gourmand

Raw food : mangeons mieux, mangeons cru

The final countdown