Object company

26 octobre 2016

Rencontre

Catherine of Object Company in her workshop.

Texte : Julie Thiébault
Photos : Greig Jackson

L’ère industrielle s’est permise d’ôter la vie aux objets qui nous accompagnent au quotidien. Fabriqués en série, nos couteaux et nos verres se ressemblent, tous nés de la même mère suédoise. Le plastique a perdu de son âme, pourtant il hante nos maisons. Partant du postulat que la vie ne peut s’épanouir qu’en compagnie de matériaux vivants, de surcroît dans une pièce aussi fondamentale que la cuisine, Catherine Johnston a.k.a. Object Company conçoit notamment des planches à découper et des cuillères à partir de bois issu de forêts écossaises. Détail qui n’est pas anecdotique, seuls les arbres malades ou endommagés par une tempête sont utilisés pour produire les ustensiles. Cette utilisation respectueuse de nos ressources permet une fabrication durable et interdit tout épuisement de nos richesses. Mère Nature nous donne la becquée et permet à ses rejetons de se réincarner dans nos cuisines. Ainsi, donnons la main à une branche, dégustons de la confiture de mirabelles dans le creux de ses reins et préparons une botte de navets nouveaux sur son dos. Les ustensiles d’Object Company deviennent nos colocataires et maintiennent le lien parfois ténu que nous entretenons avec le vivant. 

Mint : Quel est le concept derrière Object Company ? 

Je m’intéresse aux objets durables et fonctionnels. Chacun d’entre eux est imaginé dans le respect de la fibre et des propriétés du matériau puis créé à partir de bois ayant grandi localement. Chaque pièce est façonnée, sculptée, poncée et terminée à la main, en utilisant principalement des outils manuels et des techniques de travail traditionnelles du bois.

Mint : Quels sont vos projets actuels ?

Actuellement mon travail est basé sur des collaborations, des expérimentations continues et l’élargissement de mes connaissances autour du matériau avec lequel je travaille.

Mint : Quelle est votre relation avec le bois ?

J’apprécie ses aspérités, qu’il soit difficile à maîtriser et son appel au toucher.

Mint : Fabriquer de la vaisselle permet-il de partager le quotidien de ceux qui l’utilisent ?

J’espère que les pièces irrégulières et uniques que je crée construisent un havre de paix, où les gens peuvent plus facilement interagir et partager.

Mint : L’art de la table est-il le croisement entre intimité et extérieur ?

Utiliser ces pièces faites à la main pour se nourrir permet de conserver un lien à la fois avec le fabriquant et avec le matériau dont il est issu. Les ustensiles en bois sont le pont vers une existence plus lente, consciente, et durable.

Catherine of Object Company in her workshop.

Catherine of Object Company in her workshop.

Mint : Le fait main replace t-il l’homme au centre du monde ? 

La possibilité de remonter aux origines de l’objet procure à l’utilisateur un incroyable sentiment de fierté, un sujet de conversation inépuisable et un intérêt envers le processus de fabrication mis en oeuvre. Les objets faits à la main invoquent des discussions et des histoires ; ils permettent au savoir-faire et aux techniques d’être davantage mis en valeur.

Mint : Fabriquer des objets à partir de matériaux naturels permet-il de se réconcilier avec la nature ? 

C’est une satisfaction difficile à évaluer. Chaque pièce nous renvoie au matériau brut avec lequel il a été fait. L’utilisation du bois dans nos intérieurs est une douce piqûre de rappel quant au monde sauvage et naturel qui nous entoure. La nature apaisante du bois, en particulier, procure un sentiment de paix, inconcevable avec les ustensiles en métal.

Mint : Le rituel du repas accompagné par de la vaisselle en bois démontre t-il le besoin de prendre son temps et de prendre soin de soi ?

Le plaisir procuré par une sélection soigneusement réalisée et le choix précieux d’articles faits main devient certainement un rituel. Le slow living découle d’une meilleure appréciation des valeurs et des processus impliqués dans la création du design dans nos maisons.

Mint : Sommes-nous revenus dans l’ère du « être chez soi » ?

L’observation de l’espace dans lequel nous demeurons constitue une étape clef vers une existence plus lente et détendue. Chacune des pièces choisies participe grandement à notre bien-être global.

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