Somewhere, Benjamin Netter

14 janvier 2015

Rencontres

Texte : Fanny Vedreine

Vouloir parcourir le monde de n’importe quelle manière qui soit est un acte remarquable. Or, lorsque l’on ne dispose ni de temps ni d’argent, il existe un moyen de s’évader à l’aide de sites web dédiés à l’exploration du monde. Benjamin Netter fait partie de ces petits génies du web, créateurs de machines à rêves.


Si notre équipe prend un plaisir fou à voyager aux quatre coins du globe pour faire découvrir les lieux extraordinaires dont regorge la planète, elle apprécie également le simple principe d’être émerveillée via Internet. En prendre plein la vue et s’enrichir culturellement tout en restant assis dans son fauteuil, c’est le pari que s’est lancé Benjamin Netter – à ne pas confondre avec le peintre Alsacien du XIXe siècle – au travers de ses sites web : Tripovore et Somewhere. 

C’est un peu par hasard que ce Parisien de 25 ans s’est lancé dans l’élaboration de plateformes virtuelles consacrées à la découverte. Bien qu’il s’amuse à imaginer des programmes informatiques depuis son enfance, son ambition était d’intégrer une école de commerce après l’obtention de son Baccalauréat. “Comme aucune école de ce genre n’a voulu de moi, j’ai fait l’EPITECH à la place”, avoue t-il. Cet établissement privé a pour but de former ses étudiants dans l’expertise des technologies de l’information.

Fraîchement diplômé en 2011, un ami lui propose de participer au hackathon mondial organisé par Foursquare  – l’application pour smartphones qui informe et conseille sur les endroits à voir dans une ville – avec 500 développeurs dans 80 métropoles. “J’y suis allé sans aucune idée, et j’en suis ressorti avec My Next Trip”, explique le jeune homme sorti vainqueur du grand prix. “Le principe était simple, tu tapes le nom d’une ville et mon algorithme parcourt la base de données Foursquare afin de générer un itinéraire idéal pour un week-end dans n’importe quelle destination.”Ainsi, l’utilisateur en quête d’exploration se verrait suggérer une liste détaillée qui comprendrait un lieu pour prendre son petit-déjeuner, un parc à visiter, un musée à découvrir, un restaurant à tester et un bar où faire la fête. Bien que le procédé du jeune étudiant ait été imaginé en seulement deux jours et sans grand espoir de convaincre des développeurs, il lui a pourtant valu les reconnaissances des membres de Foursquare. Ces derniers l’invitent même à New York afin d’en discuter plus sérieusement.

Pourtant, la proposition est refusée par le jeune homme, contraint de poursuivre ses occupations -suffisamment rémunérées- au sein d’une start-up qui crée du digital pour des marques de luxe. Pourtant, le temps passe et son idée lui reste en tête. L’emploi finalement quitté et l’esprit libre, Benjamin Netter se lance dans le perfectionnement de son projet. My Next Trip devient Tripovore et accueille tout un tas de nouvelles fonctionnalités, dont la collaboration avec Instagram. “J’ai trouvé qu’Instagram donnait une impression incroyable des lieux, beaucoup mieux que n’importe quelle photo professionnelle”, explique t-il. 

Et c’est par ce même principe que Somewhere voit le jour quelques mois plus tard. Parmi les selfies et autres clichés peu intéressants qui s’entassent dans l’application aux plus de 300 millions d’abonnés, le jeune développeur parvient à dénicher des centaines de photos capturées par des amateurs ou professionnels du monde entier. Lors de ce tri, il privilégie les images qu’il juge favorables à une invitation au voyage. Comme le dit Benjamin Netter, “c’est une façon de voyager à travers ton navigateur web, dans des lieux dont on ne connaissait pas l’existence.” Lorsque l’on se rend sur smwh.re – l’url du site web – on découvre une photo d’un endroit, d’un paysage ou d’un espace avec une courte explication et le nom de ce lieu. Un moyen tout aussi efficace pour dénicher de nouvelles destinations à parcourir dès que possible. En cliquant sur “somewhere else”, un autre endroit apparait, et ainsi de suite. Tous les clichés sont tirés d’utilisateurs d’Instagram ayant donné leur accord.


Parmi toutes les photos postées sur son site, le Français a pour favorite celle de la Door To Hell au Turkménistan. “J’adorerais y faire un tour, mais je vois pas trop comment je pourrais me retrouver dans la région”, insiste-t-il. Bien qu’il voyage peu, il déteste le principe de suivre un itinéraire spécialement dédié aux touristes. “Je pense que Somewhere n’apporte pas de solution directe à ce problème, mais est une bonne façon de s’inspirer pour un prochain voyage.” Depuis quelques mois, Somewhere est également disponible sur iPhone via une app à télécharger gratuitement sur l’Apple Store. A présent, le jeune homme continue sans cesse d’élaborer de nouvelles idées pour ce projet qui lui tient à coeur, tout en collaborant avec diverses entreprises en freelance. “Lorsque j’aurai fait le tour de Somewhere, j’essaierai de savoir comment transformer le voyage au XXIème siècle.”

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