Riberach, un vin qui avait l’accent du sud

04 décembre 2013

Rencontre

riberach

Photos : Mathieu Vilasco

Depuis quelques temps on peut voir les vins Riberach fleurir un peu partout sur les tables parisiennes.

Sur la bouteille, un escargot. Icône catalane, bien sûr, et peut-être un clin d’oeil à la slow food et au travail artisanal ? Et si l’on prenait le temps de faire les choses ? Ce vin, c’est l’histoire de cinq hommes qui ont fait le pari d’y croire. Entretien avec Guilhem Soulignac, oenologue et trait d’union entre Riberach et la capitale.

Mint : Est-ce que tu pourrais revenir sur les débuts de Riberach ?

Tout a commencé en 2006, Jean-Michel Mailloles avait ce vignoble hérité de sa famille et il était dans une situation difficile. La crise n’a épargné personne et d’une certaine manière c’était l’impasse. Il a pensé à tout arracher ou faire autre chose. Au final 8 hectares ont été enlevés. Ce lieu a toujours été une cave coopérative, la famille n’avait jamais fait de vin, seulement du raisin.

Mint : Riberach c’est une histoire d’hommes finalement ?

Nous sommes plusieurs a nous être lancés dans l’aventure. Il y a Mauritz Herzog, qui commercialisait des vins bio en Autriche depuis de nombreuses années, il s’occupe de la partie export. Luc Richard, c’est l’élément fédérateur, c’est en fait le cousin de Jean-Michel Mailloles. Patrick Rodrigues lui, s’occupe surtout de la partie technique du cépage. Quant à moi, je les ai rencontré quand il démarraient, j’avais 32 ans. J’ai vraiment mis le pied dedans en 2009 et en 2011 je suis devenu associé du projet.

Mint : Qu’en est-t-il des vins, peux-tu nous en dire un peu plus ?

On fait des vins naturels, c’est-à-dire avec un minimum d’interventions et ce dès le départ, à la vigne. On a fait un premier essai à blanc, et au final on a travaillé pendant trois ans sans certification bio. Une fois que les jus étaient plus équilibrés, nous étions prêts. Evidemment on ne peut pas faire ça du jour au lendemain. Dans le vin, la vigne c’est le potentiel et avec du très bon raisin, tu as plus de chances. Avec du raisin moyen du fais du vin moyen ou une cata ! Ici on a appris les choses sur le tas. Je ne pourrais pas vendre autre chose, c’est mon vin, ça me touche. Il y a Thèse, Antithèse, Synthèse, Hypothèse avec des cépages typiques de la région : Grenache, Syrah et Carignan. La finalité du vin, c’est d’être à table. J’aime la fusion d’un plat avec un joli vin.

Mint : Riberach, c’est le nom médieval de Bélesta, en plus d’être une cave à vin, vous avez aussi l’hôtel ! C’est comment chez vous ?

En 2010 on est passés de trop petit à trop grand à Bélesta, on a aujourd’hui la cave, l’hôtel et le resto. On est dans un village en pleine nature, on est équipés en énergies renouvelables. Il y a chez nous un côté très dépaysant, t’es au milieu du maquis. A la boutique, on a essentiellement des vins de la région.

Mint : Quel est ton rôle au sein de l’équipe ?

Je ne pourrais pas vendre du vin que je ne fais pas en partie, je suis oenologue avant tout. Avant je travaillais en Australie, dans la Loire et enfin dans le Languedoc. En Provence, c’est plus à l’échelle humaine, je me sens au coeur des choses. Localement, on vend autant qu’à Paris, sachant que Paris est un gros marché. Notre commercialisation c’est essentiellement du porte à porte.

Mint : Pour finir, quels sont les prochains challenges qui vous attendent ?

Je dirais maintenir une droiture et une pureté dans les vins sans intervention majeure dans la vinification, la pierre angulaire étant de faire un travail incessant sur le vignoble. Le potentiel qualitatif vient de là et la vinification n’est là que pour retranscrire cette qualité dans la bouteille. Autrement, nous comptons progresser encore et toujours vers un équilibre naturel de notre vignoble. Plus il y aura de vie dans nos sols, mieux nos vins pourront exprimer leur spécificité.

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