L’avenir des insectes dans notre assiette

12 août 2013

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En 2050, la population mondiale aura atteint les neuf milliards d’habitants, soit trois milliards de bouches à nourrir supplémentaires. L’auteur Jean-Baptiste de Panafieu s’est posé la question quant à l’utilisation des insectes dans notre alimentation. A l’occasion de la sortie de son livre intitulé « Les insectes nourriront-ils la planète ? », il nous donne son avis sur le sujet.

insectes

Texte : Fanny Vedreine

Depuis plus de quinze ans, Jean Baptiste de Panafieu est à l’origine de parutions sur des sujets tels que l’environnement, l’écologie, la vie océanique ou l’évolution animalière. Pour son nouvel ouvrage, il s’est intéressé à la conservation des insectes et à leur devenir. Un long travail de recherches, d’expérimentations et d’analyses lui a été nécessaire afin de parvenir à son but. « J’ai demandé de l’aide auprès de nombreux spécialistes français, des chercheurs en ethnologie comme Nicolas Césard, mais également auprès d’éleveurs d’insectes en France« , explique De Panafieu. Au Pays Bas, il a contacté le chercheur Harold Huis, très référencé sur la consommation d’insectes dans le monde.

Certaines régions mondiales sont adeptes de cette pratique. « La Thaïlande, le Mexique et l’Afrique du Sud se nourrissent d’insectes en tout genres, et ce depuis des siècles« , raconte le spécialiste. La consommation est variable selon les classes sociales. « Il est clair que cela reste un type d’alimentation majoritairement destiné aux classes populaires« , mentionne De Panafieu. En effet, certaines races d’insectes sont vendues très chères – les prix variant selon la rareté de l’espèce. Les mexicains raffolent des larves de fourmi. Le cricket est également très apprécié pour son goût rappelant celui de la crevette. En Afrique du Sud, c’est les vers de Maupane et les chenilles qui sont très répandus dans les mets régionaux.

Si ce type d’alimentation est courant dans certains pays, ce n’est pas qu’une question de goût. « Il faut savoir que les insectes, toutes espèces confondues, représentent un très bon apport en protéines« , rappelle t-il. L’enjeu est de savoir si cette pratique peut s’importer en Europe, territoire où la dégustation de petites bêtes croustillantes ne fait pas parti des habitudes de tous les citoyens. Cependant, notons qu’un restaurant du sud de la France, « Aphrodite », consacre tout un menu à la dégustation d’insectes.

Comme l’annonce JB de Panafieu « on ne pourra jamais remplacer un steak par des insectes, ce n’est pas dans notre culture« . En effet, tous les humains ne sont pas prêts à voir des insectes dans leur assiette. En revanche, nourrir nos animaux avec de la farine d’insectes sonne comme une alternative à la farine animale, largement envisageable et moins chère.

Des dizaines d’élevages se sont créés en Thaïlande spécialement pour la production de cette farine. Contrairement aux élevages animales, les déchets produits dans les élevages d’insectes sont plus maigres et recyclables. Dans son ouvrage, JB de Panafieu affirme que « la tradition ne doit pas se perdre et  les insectes sont une solution pour le monde de demain« .

Les insectes nourriront-ils la planète ?, de Jean Baptiste de Panafieu aux éditions Rouergue

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