Tout savoir sur le beaujolais nouveau

21 novembre 2019

Eat

Texte : Anouchka Crocqfer
Photos : Tiphaine Caro

C’est le grand jour, le beaujolais nouveau est enfin arrivé. Avant de célébrer cet événement comme il se doit , retour sur cette tradition bien franchouillarde avec Fleur Godart. Auteure de la bande dessinée Pur Jus aux éditions Marabout, cette grande passionnée de vin nature nous conte la petite histoire de ce cru primeur, boudé par les uns, chéri par les autres.

« Le beaujolais nouveau, c’est l’enfance du vin », comme l’introduit gracieusement Fleur Godart. Un vin sans complexité que l’on boit goulument, comme une friandise. Ce jus de gamay que l’on appelle également « primeur » n’est autre que le fruit d’une partie des récolte de l’année vinifiée selon une technique particulière, celle de la macération carbonique. « Le vigneron va utiliser les grappes entières, de la tige à la rafle sur laquelle sont accrochées les baies » explique-t-elle en rappelant que l’une des planches de sa bande dessinée porte sur ce procédé joliment illustré par Justine Saint-Lô.  » Les raisins sont entassés les uns sur les autres dans la cuve à laquelle sera ajoutée du gaz carbonique ». Le but de cette opération, ne pas laisser entrer l’oxygène afin d’éviter l’oxydation du fruit et obtenir une fermentation intercellulaire. Vous suivez toujours ? En bref, ce qui le différencie le beaujo nouveau de ses grands frères, c’est sa vinification sans macération. « On ne vas pas aller chercher les levures sur la peau des raisins, c’est donc un vin facile à produire » ajoute Fleur, même si « facile » n’est pas toujours synonyme de piquette.

Un bon beaujolais nouveau peut développer des arômes de fruits rouges avec une certaine légèreté en bouche, tout comme des notes florales ou encore de banane selon la vinification. Ce petit twist inattendu, c’est aux levures naturellement présentes dans les raisins s’exprimant uniquement dans la vinification du beaujo nouveau qu’on le doit. « Ce qui est dramatique, c’est qu’il souffre aujourd’hui d’une mauvaise réputation du fait de vignerons qui pour masquer l’acidité de leur jus, ont recours à des levures synthétisées en labo pour reproduire cet arôme ». Résultat, un bojo pas si beau, qui cause beaucoup de bobos. « Ça donne un vin cheap qu’on vomit par litres dans le caniveau. Ton corps se met en grève pendant trois jours ensuite pour s’en remettre », lâche-t-elle en rigolant. La formule anti gueule de bois donc, se tourner vers des beaujo’ nouveaux natures.

Si la tradition veut que ce nectar fasse son arrivée dont nos verres tous les troisième jeudi du mois de novembre, l’origine de cette  joyeuse sauterie serait liée à une opération commerciale portée par les vignerons du beaujolais dans les années 50. Leur but, écouler leurs premières vendanges afin de se relever financièrement avant que ce faux phénomène de terroir s’exporte à l’international: « le beaujo new time ». Côté accord, pas de chichi pour Fleur, l’important étant de ne pas y aller le ventre vide afin d’accueillir ce doux breuvage comme il se « boit ».

À lire aussi, notre Rencontre avec Fleur Godart

 

 

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